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le Dimanche 22 avril 2007 @ 20:30:57
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En mars, l'histoire a fait la une du journal local. Elle a été l'objet d'une commémoration aussi plus discrète, silencieuse mais consciente. En mars 1967, un commerçant de Basse-Terre lâche son chien sur un homme infirme...





     
       Il est cordonnier noir et son agression raciste par un commerçant blanc proche des milieux conservateurs va provoquer 3 jours d'émeutes.
3 jours de colère après cet acte digne d'une apartheid états-unienne ou sud africaine.
3 jours de révolte finalement calmée par le discours lénifiant d'un Etat qui condamnera les victimes.
Le même Etat qui ordonnera à Pointe-à-Pitre en Mai 1967 à la police et aux militaires de tirer sur la foule, ouvriers en bâtiment, dirigeants syndicaux et passants, dans des évènements à la sanglante mémoire : 80 morts au moins, noirs.
Voici donc la France d'Outre-Mer et le souvenir qu'elle laisse parfois.
Ce ne sont que les premières étapes d'une lutte qui se poursuit encore.



Chronologie d'un combat :

19 mars 1946
Les colonies de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique ainsi que, dans l'Océan Indien, la Réunion " sont érigées en départements français " (art. 1er de la loi du 19 mars 1946)

Novembre 1952
Les compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) pénètrent dans l'enceinte du Conseil Général de la Guadeloupe et en expulsent les élus. Le Conseil Général est dissous.

15 octobre 1960
Ordonnance applicable dans les départements algériens, guadeloupéens, guyanais et martiniquais qui permet d'expulser vers la France coloniale, tout fonctionnaire susceptible de " troubler l'ordre public ". Parmi les premières victimes de cette ordonnance : Albert Béville, Edouard Glissant et Marcel Manville.

22-23 avri1 1961
Congrès inaugural du Front Antillo-Guyanais pour l'Autonomie (FAGA) autour du Guadeloupéen Albert Béville (Paul Niger), du Guyanais Justin Catayée et des Martiniquais Edouard Glissant et Marcel Manville.

Juillet 1961
Décret de dissolution, signé par le général De Gaulle du Front Antillo-Guyanais pour l'Autonomie (FAGA) et saisie de la brochure " Les Antilles et la Guyane à l'heure de la décolonisation " rédigée par Albert Béville. Celui-ci est interdit de séjour dans les " départements français d'Outre-Mer ".

22 juin 1962
Le Boeing 707 d'Air France, qui transportait 112 personnes dont Albert Béville, Justin Catayée et Roger Tropos, s'écrase sur les hauteurs de Deshaies (Guadeloupe).

Septembre 1962
Création de l'Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise (OJAM)

23-24 décembre 1962
Le manifeste de l'OJAM est placardé sur les murs de Fort-de-France.

1963
L'Association Générale des Etudiants Guadeloupéens (AGEG) adopte le mot d'ordre d'indépendance nationale.

23 juin 1963
Création, à Paris, du Groupe d'Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG) qui a pour objectif "l'édification de la Guadeloupe en un état souverain ".

Novembre 1963
Procès des militants de l'Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise (OJAM) inculpés d'" atteinte à l'intégrité du territoire " devant la Cour de Sûreté de l'Etat : 5 condamnations à la prison ferme.

1967
L'Association Générale des Etudiants Martiniquais (AGEM) opte pour le mot d'ordre d'indépendance nationale. Lors de son premier congrès à Sinnamary (Guyane), l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG) adopte le drapeau jaune et vert à étoile rouge.

20-22 mars 1967
Emeutes dans la commune de Basse-Terre, à la Guadeloupe, après l'agression raciste d'un cordonnier noir par le chien d'un commerçant blanc, partisan de l'UNR de De Gaulle. Affrontements entre la population de Basse-Terre et les forces de l'ordre. Le 23 mars, une bombe explose, à la Pointre-à-Pitre, devant le magasin (portant même enseigne que celui de Basse-Terre) du frère du commerçant en question.

26-27 mai 1967
A  Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), lors d'une manifestation d'ouvriers du bâtiment, ordre est donné aux CRS de tirer sur la foule. Le lendemain, la manifestation des lycéens en solidarité avec les ouvriers est également réprimée par les armes. De 80 à peut-être plus d'une centaine de Guadeloupéens sont assassinés par la police et l'armée française. Des actes de torture sont commis, y compris sur des blessés raflés dans les hôpitaux.

19 février - 1er mars 1968
Procès des militants et sympathisants du Groupe d'Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG) inculpés d'atteinte à l'intégrité du territoire national) devant la Cour de Sûreté de l'Etat : 6 condamnations à la prison avec sursis.

3-17 avril 1968
Procès de militants politiques et d'émeutiers de mai 1967 devant le tribunal de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : 6 condamnations à la prison ferme et 11 condamnations à la prison avec sursis.

10 octobre 1974
Création du Mouvement Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE).

13 décembre 1974
" Complot de Noël " en Guyane : 13 militants du Mouvement Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE) et de l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG) sont emprisonnés. L'UTG déclenche la grève générale.

1978
Création de l'Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG).

1980
Le groupe de Libération Armée (GLA) est à l'origine, au cours de l'année, de plusieurs attentats à la Guadeloupe.

3 janvier 1981
Attentat contre le palais de justice de Fort-de-France (Martinique).

5 janvier 1981
Attentat contre Chanel, à Paris, du Groupe de Libération Armée (GLA).

28 mai 1983
Seize attentats à la Guadeloupe, à la Martinique, en Guyane et un à Paris sont revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). La date choisie pour les attentats renvoie au 28 mai 1802, jour de la défaite des révolutionnaires guadeloupéens face aux armées françaises venues rétablir à la fois le contrôle de la métropole et l'esclavage.

22 juin 1983
Quatre attentats à l'explosif, revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC), éclatent à Paris contre trois agences d'Air France et le musée des arts africains et océaniques.

14 novembre 1983
Six attentats à la bombe sont commis en Guadeloupe et revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). Vingt-trois personnes sont blessées au cours de l'attentat contre la préfecture de Base-Terre.

3 mai 1984
Le conseil des ministres du gouvernement français décide la dissolution de l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).

Février 1985
En Guadeloupe, Luc Reinette, chef présumé de l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC), est condamné à 19 ans de prison pour " violence et attentats ".

13 mars 1985
Un attentat fait trois morts en Guadeloupe.

16 juin 1985
Quatre indépendantistes, dont Luc Reinette, Henri Amédien et Henri Bernard, s'évadent de la prison de Basse-Terre (Guadeloupe).

22-28 juillet 1985
Emeutes en Guadeloupe pour la libération de Georges Faisans, condamné à trois ans de prison après avoir blessé, avec un coup de sabre, un enseignant français qui avait administré un coup de pied au postérieur d'un élève guadeloupéen.

21 juillet 1987
Fin du " marronnage moderne " de Luc Reinette, Henri Amédien et Henri Bernard qui sont remis aux autorités françaises par le gouvernement de Saint-Vincent et les Grenadines.

25-30 novembre 1987
L'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) commet vingt et un attentats à la Guadeloupe.

Avril 1989
Arrestation de vingt-cinq militants de l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).

23 mai 1989
Amnistie des nationalistes guadeloupéens dont Luc Reinette, condamné quelques semaines plutôt à 33 ans de prison.




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